Contemporary art exhibitions and advice
Le laboratoire de Sven Vanderstichelen

Sortir l'art du musée
Une discothèque-expo nommée HOT à Tour & Taxi, des bulles sonores dans le paysage ixellois, une exposition pour malvoyants à Anderlecht, un mirador au beau milieu de Tienen : Sven Vanderstichelen a déjà montré qu'il a plus d'un tour dans son sac de "metteur d'art en ville".  L'art contemporain pour tous, c'est son credo. Et Ixelles est son labo. "La commune se prête bien au jeu. Toutes les couches sociales s'y rencontrent. Les loisirs y sont nombreux. L'Europe ajoute à son rayonnement. Mon but est d'expérimenter ici des projets qui pourront être exportés par la suite." En mai, les Ixellois testeront "Mobac", un bus qui fait sortir l'art du musée pour aller vers les gens (plus d'infos dans le prochain numéro d'Info Ixelles).

"Agogie" ?
"Brusselse ket" né à Evere le 5 juin 1974 de parents originaires de Flandre orientale, Sven n'a pas vraiment le parcours classique d'un mondain de l'art. "Quand j'étais petit, j'étais toujours en vadrouille. Mon père est amateur d'antiquités. Il m'emmenait au Sablon. Mais je ne me suis vraiment intéressé à l'art que beaucoup plus tard." Plutôt matheux, Sven se lance dans des études d'ingénieur industriel. "Quand on m'a parlé de calculer la masse de béton nécessaire pour construire un bâtiment, j'ai compris que ce n'étais pas ma voie. J'avais la fibre sociale. Le service des étudiants de la VUB m'a proposé la fac' de psycho-pédagogie, section sciences et éducation des adultes." Là, il découvre l'"agogie", un terme néerlandophone que le dictionnaire traduit par "travail socio-éducatif". Sven l'explique comme une science au carrefour entre philosophie, psychologie et sociologie, qui, face aux problèmes sociaux de groupes donnés, recherche des solutions pragmatiques.

Langue sans frontières
L'une de ces solutions, c'est l'art. "J'ai eu la chance de rencontrer le professeur Willem Elias. Il m'a guidé vers l'agogie culturelle. J'ai fait un mémoire sur l'art comme moyen d'éducation. Par la suite, il m'a engagé dans son asbl VKE (www.vke.be). L'art est un langage. Le plus vieux qui existe, pensez aux dessins préhistoriques ! De plus, il est libre. Tout le monde peut avoir son avis sur une peinture ou un spectacle de danse. Vous pouvez toujours critiquer Andy Warhol, par exemple. Il n'est pas question de dire si c'est  bien ou mal, vrai ou faux. Juste réfléchir. Quand je montre des photos de Jo Voets sur la misère sociale à New-York ou Bucarest à des élèves d'une école professionnelle d'Ixelles, leur façon de voir peut en être changée. Pour moi, une œuvre est comme un 'cintre'  auquel chacun peut  accrocher sa propre vision. Ce qui m'intéresse, c'est de trouver le bon raccord entre un public et une forme d'art, contemporain de préférence. Ce n'est pas un travail élitaire. Peu importe que l'on touche deux personnes ou deux mille, l'important, c'est que la communication passe, au-delà des barrières, de la langue, entre autres." A éprouver à Ixelles.